L'Islam en Belgique: mieux communiquer pour mieux se comprendre

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Mieux communiquer afin de s'intégrer encore mieux dans la société belge. C'est le défi qu'a relevé l'Exécutif des Musulmans de Belgique. L'idée était en l'air depuis un an, au moment où avec les autorités politiques, il avait été convenu en son sein de se battre à leurs côtés contre la montée de l'extrémisme et de la radicalisation.

Il s'imposait de se doter de nouveaux outils de communication pour ce faire. On était alors bien avant les attentats de Bruxelles de mars dernier. L'EMB est passé à la vitesse supérieure à quelques jours de Noël, question de rappeler aussi que l'islam est une religion qui s'engage pour la paix.

Mercredi, dans le cadre solennel du Residence Palace et en présence de Koen Geens (CD&V) le ministre de la Justice mais aussi des Cultes , ses responsables, le président Salah Echallaoui et le vice-président Mohamed Achaibi en tête, ont présenté ces nouveaux moyens qui les aideront dans cette sensibilisation qu'ils entendent aussi voir se muer en dialogue permanent avec la société civile belge.

Lors d'une conférence de presse, Salah Echallaoui a expliqué que la communication de l'Exécutif chef de culte, responsable du temporel se voulait de plus en plus moderne, pour "faire connaître les différentes missions de service public assignées à l'EMB" mais aussi pour "diffuser son message en faveur d'un islam citoyen et respectueux du vivre-ensemble".

Expliquant qu'il est "primordial dans le contexte actuel de dynamiser cette communication afin que (son) message de paix soit entendu", le président de l'EMB a tenu à exprimer une nouvelle fois ses condoléances aux victimes des récents "actes barbares, en Allemagne et dans d'autres régions du monde".

La communication passe aussi par la symbolique. C'est pourquoi l'EMB a aussi adopté un nouveau logo qui, s'il a eu recours à une typographie de l'art islamique, comporte aussi une carte du territoire belge. Salah Echallaoui a expliqué qu' "il symbolise les efforts que nous déployons au quotidien pour favoriser un islam de Belgique, enraciné dans le contexte territorial, politique, économique, social, culturel et linguistique du pays".

Avant d'ajouter que "la Belgique mérite d'être considérée comme un pays modèle du vivre-ensemble en Europe. La couleur or renvoie elle à l'islam des lumières, par opposition à l'obscurantisme."

Dans la foulée, M. Echallaoui a aussi fait le point sur les grands chantiers en cours et sur ceux qui sont achevés comme les formations pour imams qui comprennent désormais des cours de langue et des séminaires sur la citoyenneté. D'autres sont sur les rails à l'image de la réforme des programmes de l'enseignement avec en particulier l'élaboration d'un référentiel de compétences pour les enseignants flamands.

Koen Geens a ensuite expliqué les raisons de sa présence. Il était en effet venu soutenir directement et sans ambages le projet d'ouverture des musulmans belges Il ne fait pas de doute à ses yeux que l'Exécutif des Musulmans de Belgique est un important partenaire de dialogue pour les musulmans d'ici. C'est du reste la raison pour laquelle il a accepté d'accorder une aide financière supplémentaire afin de soutenir entre autres la création d'un nouveau site web, du nouveau logo, d'une webradio mais aussi la réalisation d'une brochure d’information qui aidera l'ensemble des Belges à mieux connaître une religion qui a été reconnue officiellement chez nous dès juillet 1974.

Mais le ministre de la Justice et des Cultes suit aussi de près les autres projets. Cela passe par des formations supplémentaires pour les imams et les conseillers islamiques, le recrutement de conseillers islamiques supplémentaires et par un soutien à l’EMB dans son action journalière d’appui aux mosquées et à la société civile.

"L’Exécutif" a expliqué Koen Geens "est un important partenaire de dialogue pour les autorités et la communauté musulmane. La nouvelle politique de communication est une étape de plus vers la professionnalisation de l’institution qui doit permettre aux musulmans de Belgique d’écrire leur propre avenir, ce que je soutiens pleinement".

Le ministre a encore dit, non sans une certaine émotion que "la Belgique a la responsabilité de soutenir les musulmans modérés, de les aider à se faire entendre, eux qui sont "doublement et plus que nous encore victimes du terrorisme". Il a ajouté que "le droit d'être différent est respectable mais s'intégrer est une obligation. L'EMB doit jouer un rôle important vis-à-vis de la société civile et aider les musulmans de Belgique à développer leur propre histoire."

Le ministre a aussi déploré d'avoir dû trop souvent en 2016 rappeler l'importance du vivre-ensemble à la suite d'événements tragiques. "Nous vivons des temps difficiles. Chaque nouvelle attaque est un défi pour l'Europe. Je suis en colère contre la haine, mais je continue à croire en la bonté des gens. Nous sommes les mêmes êtres humains, il doit y avoir une tolérance réciproque qui doit être considérée comme une force et non comme de la faiblesse. Il faut de la liberté, mais aussi de la sécurité. L'un ne va pas sans l'autre", a encore dit le ministre de tutelle des cultes et de la morale non confessionnelle qui s'en est également pris sans mettre de gants aux autres extrémistes dont différents représentants du populisme qui gangrènent la société et qui ont marqué l'année. Et de citer Nigel Farage, Donald Trump ou encore Geert Wilders qui vient encore de s'illustrer tristement en s'en prenant à Angela Merkel.

Il va de soi que le ministre continuera aussi à soutenir la plate-forme de concertation des différents cultes et de la laïcité organisée qui se sont déjà réunies à deux reprises, dans la foulée des attentats de Paris puis de ceux de Bruxelles. L'idée est qu'elle se réunisse aussi hors des contextes de crise à l'image du dialogue interconvictionnel prometteur qui a été mis sur pied en Communauté flamande par le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA). Notons au passage que ce ne serait pas un luxe d'en créer aussi un à l'échelon de la Fédération Wallonie-Bruxelles... Voire de s'inspirer de ce que fait dans le contexte bruxellois la secrétaire d'Etat Bianca Debaerts (CD&V) qui organise des rencontres plurielles sur ce thème dans la Région centrale depuis l'an dernier…

Un site pour mieux connaître l'Islam belge

Jusqu'ici, l'Exécutif des Musulmans ne disposait pas d'un site internet très performant. La critique appartient désormais au passé… On ne peut que vous inciter à aller rejoindre le site www.embnet.be qui présente notamment un annuaire des mosquées du pays avec des renseignements très concrets pour les fidèles musulmans mais aussi des informations éclairantes pour tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui voudraient mieux comprendre le deuxième courant religieux belge. C'est en tout cas un espace de "transparence sur la gestion des dossiers" de l'Exécutif qui se doublera d'une webradio proposant des débats et programmes d'information sur des thèmes de société destinées à toutes les catégories d'âge. En outre, l'Exécutif s'est aussi mis ce mercredi à l'heure de Facebook et de Twitter. Une démarche globale de communication qui est d'autant plus intéressante que comme l'a expliqué le président de l'Exécutif, "elle répond à une attente du public au sens large, et pas uniquement musulman".

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