Etude sur l'usure (le riba) -I

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L’usure des dettes   L’usure est si vicieuse et si grave qu’Allah le Tout-Puissant a maudit celui qui la pratique, celui qui la fait pratiquer aux autres, celui qui rédige un contrat la concernant et celui qui y assiste en tant que témoin comme l’a dit le Prophète () : «Allah a maudit celui qui pratique l’usure, celui qui la fait pratiquer aux autres, celui qui rédige un contrat la concernant et les deux qui y assistent en tant que témoins » rapporté par Mouslim. La malédiction atteint toute personne qui a un lien ou une relation avec l’usure. Ainsi, le Tout-Puissant dit à tous ceux qui refusent de renoncer à la pratique de l’usure : « Alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager » (Coran 2/279). Et dit encore : « Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes» (Coran 2/276). Ce qui indique que le danger de l’usure est grave et que son préjudice est énorme. L’usure se divise en deux parties : l’usure des dettes et l’usure des ventes. Dans la première partie de cette étude nous allons nous intéresser à première telle qu'elle est pratiquée de nos jours.

L’usure des dettes :
C’est celle que pratiquent les banques usurières. Il s’agit de tout prêt qui entraine un profit, ce qui constitue d’ailleurs l’activité essentielle des grandes banques. Or, la règle générale en vigueur dans la Charia est que «tout prêt qui apporte un profit est une usure». En effet, le prêt ne doit s’accompagner d’aucun profit, mais plutôt être un geste gratuit et une faveur pure et simple. Même quand il est réalisé en vertu d’un deuxième contrat lié au contrat de prêt le profit constitue toujours une usure. En voici des exemples :


*** On va te vendre un terrain à crédit sous réserve que tu nous en confies la construction. Cette vente n'est pas permise parce qu’elle est assortie d’un profit.


*** Parmi les exemples contemporains ayant soulevé des controverses, il y a la carte de crédit qui comporte le tirage sur le découvert. Au cas où tu n’as pas de crédit, la banque te fait un prêt de son capital. Si tu le retires immédiatement alors que tu n’as pas de crédit ou que tu en as mais que le tirage ne se fait pas immédiatement de celui-ci mais de celui de la société Visa en collaboration avec la banque, cette dernière attendra que ton salaire rentre pour retirer le montant qu’elle t’a prêté assorti d’une majoration qu’elle considérera comme étant une commission.
Mais ce n’est pas tout, les responsables de la banque profitent également sur un autre plan. Lequel ? Ton argent reste avec eux et ils l'investissent. D’ailleurs s’ils ne l'avaient pas ils ne t’auraient pas fait ce prêt. En conséquence, ils ne t’ont fait de prêt qu’en contrepartie du profit qu’ils tirent. Il y a un encore autre profit qu’ils obtiennent et c’est l’abonnement annuel pour ce type de visa. Si nous supposons que cent mille personnes ont payé 60 dinars chacune, le total fera six millions de dinars par an ! Il s’agit donc d’une forte somme d’argent gagnée par la banque qui t’a donné une carte en vertu de laquelle tu peux emprunter. Est-ce que tout cela entre dans le cadre des profits qui viennent avec la dette et que, par conséquent, la carte de crédit qui permet au client de tirer par le découvert est interdite ou bien s’agit-il tout simplement d’une commission destinée à faciliter l'accès à l'argent dans ce monde complexe ? C'est une question légitime au sujet de laquelle les avis des oulémas sont partagés, une question qui, donc, mérite d’être davantage étudiée pour être élucidée.

*** En tout cas, c'est ce qu’on appelle l’usure concernant la dette qui est la base essentielle sur laquelle reposent les banques usurières. Les clients déposent leur argent sous forme de dette et, en contrepartie, ils reçoivent des intérêts annuels et s’ils veulent un prêt, la banque le leur accorde mais en contrepartie de profits énormes.
Il y en a qui disent : « Nous déposons notre argent chez eux et, après une année, ils nous donnent notre argent majoré de cinq pour cent, par exemple. Par conséquent, il n’y a pas d’exploitation de leur part comme dans le cas de l'usure. Il n’y a qu’avantage et intérêt. Pourquoi donc interdire les transactions avec les banques usurières ?
***La réponse est que la banque usurière a deux visages :

1. Un visage hideux et démoniaque ;
2. Un visage beau mais en apparence seulement.

Chaque visage à sa propre fenêtre par laquelle il accueille la clientèle. Ainsi, de la fenêtre du beau visage elle accueille ceux qui, en quête d’un intérêt, déposent leur argent et de la fenêtre du visage hideux elle accueille ceux qui sont dans le besoin pour avoir un prêt.
Celui qui, par exemple, veut une voiture de luxe, une maison spacieuse ou un yacht la banque lui accorde un prêt contre des intérêts élevés allant jusqu'à 80% pour cent ! Ensuite, en cas de retard de paiement, elle augmente les intérêts puis encore, à la demande du client, elle rééchelonne et multiplie les intérêts de façon exponentielle. A la fin, s’il n’arrive pas à payer ses dettes, elle le fait envoyer en prison !
En recevant annuellement cinq pour cent seulement de la banque, les déposants croient tout de même que celle-ci leur fait tout simplement un bienfait.

En réalité la banque usurière ne fait que consommer l'usure à grande échelle et n’en donner que très peu.
En plus de cela elle place l'argent des déposants dans des banques mondiales usurières en contrepartie d’intérêts à concurrence de quinze pour cent, par exemple, dont elles en accordent cinq aux déposants et en gardent dix. En effet, la banque usurière agit et se comporte comme une personne cupide qui ne fait que sucer le sang des autres. Aussi sa richesse n’est bâtie qu’à partir de l’intérêt qu’elle prend sur la dette qu’elle accorde sans contribuer à la création d’emplois ou à la mise en place de projets.
 

En parcourant l'histoire on réalisera que ceux qui sont à l’origine de l'idée des banques usurières ne sont autres que les Juifs qui sont les usuriers par excellence. Évoquant cela le Tout-Puissant dit : «et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires - qui leur étaient pourtant interdits » (Coran 4/ 161). Et encore : « Ils sont attentifs au mensonge et voraces de gains illicites». (Coran5/42). En conséquence, leurs esprits sont nourris de mensonge alors que leurs cœurs sont alimentés de profits illicites.
On dit que l'idée a pris naissance en Allemagne lorsque les Juifs de ce pays se sont dits : « Les commerçants et les agriculteurs qui ont de l'argent qu'ils gardent chez eux dans leurs propres maisons feraient mieux de le mettre dans un seul endroit chez nous (la banque) pour que nous le leur gardions tout en leur en donnant, à la fin de l’année, des intérêts minimes alors que nous nous en profiterons, pendant que nous le gardons, pour le prêter aux nécessiteux avec un intérêt plus élevé et nous gagnerons la différence».
Aussitôt dit aussitôt fait. Ils ont annoncé aux autres qu’ils ont de l'argent à prêter et que donc quiconque veut mettre en place un projet n’a qu’à se présenter à nous pour que nous le lui financeront en lui accordant un prêt avec un intérêt. Alors les gens se sont précipités pour contracter des dettes, mettre en gage leurs maisons et, à chaque retard, les Juifs toujours avides, toujours âpres au gain, saisissent l’occasion pour augmenter les intérêts. Lorsque, à la fin de l’année, les commerçants viennent pour prendre leur argent, les Juifs leur disent que celui-ci a enregistré une augmentation de cinq pour cent. Heureux et réjouis, ceux-ci laissent leur argent aux Juifs qui n’en font que profiter en le prêtant, avec intérêt, aux nécessiteux. Et c’est de cette façon qu’ils sont devenus riches à cause de l'usure. Ensuite l’idée a fait son chemin jusqu'à ce que l'usure soit devenue partie intégrante du système économique mondial dont elle constitue désormais la cheville ouvrière.


L’usure de la dette peut être pratiquée ouvertement comme elle peut être pratiquée par des manœuvres captatoires.
En effet, il y a plusieurs astuces pour contourner l'usure :
Par exemple, un homme qui a un chèque différé de 70.000 peut bien se voir proposer par une société qu'elle va agir en tant qu'intermédiaire en son nom en lui offrant de lui payer, sans attendre le délai, 60 000 s’il lui fait transférer à son compte son chèque qui est dû au tiers. Il s’agit d’une astuce pour pratiquer l’usure. C’est comme si la société lui donnait 60 000 contre 70 000, c’est ce qu’on appelle l’imputation des effets de commerce qui est une usure. C’est pourquoi les banques islamiques ne la pratiquent pas.
C’est le cas aussi de la mudayana qui ressemble à al-'ina (la vente à terme). Alors que dans al-'ina une personne vend à une autre et, ensuite sur le champs, elle lui achète la marchandise à un prix inférieur, dans la mudayana il y a l’intervention d’un tiers de sorte que la première personne achète à la deuxième à un prix différé et ensuite la revend sur le champ à des tiers à un prix inférieur.
Il y a aussi ce qu’on appelle la vente tripartite à terme qui est très répandue. C’est le cas, par exemple, lorsque deux personnes se rendent à la banque et que l’une d’elle fait semblant d’avoir vendu à l’autre une voiture qui sera rendue à son propriétaire qui reçoit la valeur du chèque de la personne qui prétendait avoir vendu la voiture au nom de la banque islamique et alors l'acheteur restera redevable de primes plus importantes que l’argent qu’il a reçu.
Il y a d'autres subterfuges dans le domaine de l’usure : une personne te vend quelque chose à crédit et elle te prête un montant et ensuite elle te vend à crédit un stylo à cent dinars avec un prix différé alors que le stylo ne vaut même pas un dinar ! Et elle dit : c’est une dette et une vente alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un stratagème pour pratiquer l'usure.
Parmi les autres ruses il y a celles pratiquées par la société Hipteko qui prétend travailler dans le domaine laitier. Ainsi, elle prend ton argent et le fait fructifier et lorsque, après le premier mois, tu veux récupérer ton argent elle te donne 8% de ton capital, après le deuxième mois, elle te donne 25%, après le troisième 60% et après le huitième 100%.
C'est quelque chose de si irraisonnable qu’il doit certainement avoir une raison qui le justifie. Aussi, en recevant de la banque un pourcentage, les clients sont devenus confus et perplexes et, dans la foulée, ils ont cru que cela est permis alors qu’au fond la banque n’accorde de pourcentage que du capital et non du bénéfice ce qui ne diffère guère de la dette avec intérêt sans parler du fait qu’elle place son argent dans des banques européennes qui lui accordent, après un mois, des intérêts élevés. Curieusement, elle exige qu’en cas de litiges seuls les tribunaux d’Egypte ou du Koweït sont compétents, car la loi y est, à certains égards, en faveur de celui qui déclare sa faillite. On raconte aussi qu’ils sont actifs dans le domaine du blanchiment de l'argent. En réalité, il s’agit d’une société usurière qui, pour s’en cacher, prétend investir l’argent des actionnaires dans le commerce.

 

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